Philosophie pratique

Il existe un ensemble cohérent de solutions pour conserver au mieux les qualités écologiques de l’écosystème forestier, et réduire les principaux impacts de l’exploitation. La philosophie générale se fonde sur deux façons d’agir complémentaires :

1. Produire différemment pour une forêt plus naturelle

  • En développant une gestion fondée sur le fonctionnement de l’écosystème, il est possible de tirer bénéfice des productions de l’écosystème sans compromettre ce qui en est le moteur, sa biodiversité et naturalité. Il s’agit là de choix sylvicoles, au sens classique du terme : les âges d’exploitabilité, les régimes sylvicoles, des produits et une quantité de ressources en accord avec la durabilité économique, la viabilité des écosystèmes et la prise en compte des valeurs sociales des forêts gérées.

2. Compenser par des mesures conservatoires

  • En conservant des arbres-habitat (>10/ha) et du bois mort disséminés (> 20 m3/ha de diamètre > 20 cm), et de petites surfaces (1 à 10 ha) sous forme d’îlot de sénescence afin de mettre en œuvre une trame de vie pour les espèces au sein de la matrice exploitée.
  • Des réservoirs de biodiversité et des forêts de référence sont nécessaires pour conserver les espèces les plus exigeantes et servir d’étalon pour évaluer les pratiques de gestion. Il s’agit de mettre en place des aires échantillons (certification FSC) ou des réserves de taille significative qui ne seront plus exploitées (réserves intégrales, cœur de parc national).

Il va de soi que la part d’éléments ponctuels ou de réserves nécessaires à maintenir la biodiversité sera plus grande lorsque les enjeux écologiques sont forts, et/ou que l’on s’éloigne d’une gestion proche de la nature de la matrice exploitée. Dans ce cas de figure, la connectivité sera plus difficile à obtenir.