Cartes de l’ancienneté

L’ancienneté

L’ancienneté, c’est-à-dire la continuité de l’état boisé à travers l’histoire, est une qualité décisive pour la biodiversité et le fonctionnement des forêts et des sols. Certaines espèces ont besoin de temps longs pour s’installer en forêt, d’autres sont détruites par le travail du sol ou la fertilisation. Les arbres, les oiseaux, les mammifères, recolonisent relativement rapidement. En revanche, certaines espèces sont incapables de recoloniser rapidement d’anciennes terres déboisées (le muguet par exemple, ne progresse que de 100 m par siècle). C’est le cas des plantes à bulbe ou à rhizome (dont certaines orchidées), ou celles disséminées par les fourmis (comme les mélampyres), ainsi que certains coléoptères, lichens ou champignons. Ces espèces sont des indicatrices de l’ancienneté du boisement.
En partenariat avec l’INRA et des partenaires territoriaux (PNR du Luberon, Conservatoire botanique Corse, Fédération des réserves catalanes), le WWF contribue à :

  • mobiliser l’information sur l’ancienneté de l’état boisé,
  • comprendre et faire comprendre les répercussions sur la biodiversité de territoires variés.

Les perspectives scientifiques et de gestion sont riches et variées :

  • applications à la conservation de la nature et l’aménagement forestier (identification des forêts anciennes et à haute valeur pour la conservation, pertinence du réseau de protection, analyse de la productivité relativement plus élevée des forêts récentes, stockage du carbone, etc.)
  • recherches en écologie historique (impact de l’histoire sur la répartition d’espèces indicatrices, etc.)

    Pour en savoir plus

Les forêts de Cassini

Une première étape a consisté à digitaliser la carte de Cassini (1760-1790). Une carte des noyaux forestiers anciens a été dressée à l’échelle nationale.

Couche SIG de l’état boisé d’après la carte de Cassini (sur demande auprès des auteurs)

Les Minutes des cartes de l’État-majorl'ancienneté

Pour pouvoir travailler à une échelle plus fine, les Minutes des cartes de l’État-major (1818-1866) constituent un outil précieux sur l’ensemble du territoire. La période de leur réalisation est souvent proche du minimum forestier français (1830 à 1866). Leur digitalisation permet de rendre accessible cette information pour des projets de gestion, de conservation ou de recherche.